Dictionnaire, mode d’emploi.
), je me suis dit qu’il était temps de leur apprendre COMMENT se servir de ce précieux outil. En effet, loin d’être aussi aisée, la recherche dans un dictionnaire obéit à certaines règles qui sont simples à acquérir, pourvu qu’on s’y arrête quelques instants. Une fois l’habitude prise, plus de ‘Chut !’ traduit par ‘Fall !’ ; plus de ‘mon plat préféré’ (où le mot ‘plat’ est un nom) traduit par ‘my favourite flat’ (où le mot ‘plat’ est cette fois-ci un adjectif, signifiant le contraire de ‘bombé’, ‘irrégulier’ etc…) ; et pour étayer mon propos et montrer que la mauvaise utilisation du dictionnaire bilingue n’est pas le fruit de ma seule imagination, j’exploiterai l’exemple donné hier par Marc, mon collègue d’espagnol vichyssois : plus de ‘serein’ (adjectif synonyme de ‘calme’) traduit par ‘canario’ (car le canari est un serin…)
Pour devenir un pro du dico, deux règles d’or suffisent, mais elles sont capitales :
- tout d’abord : soyez sûr(e)s de la bonne orthographe du mot français que vous avez besoin de traduire. Il y a un monde de différence entre l’onomatopée ‘chut !’ et ‘une chute’, ainsi qu’entre un ‘serin’ qui est un oiseau, et l’adjectif ‘serein’ (qui fait preuve de sérénité). Depuis que vous avez appris à lire et à écrire, on vous répète sur tous les tons que l’orthographe est porteuse de sens. Aussi, au lieu de laisser glisser cette observation sur vous comme la pluie du printemps sur le duvet du caneton, réfléchissez-y et vous verrez comme elle est juste, pour ne pas dire évidente. Par exemple, alors qu’un sot est un imbécile ; un seau est un récipient ; un sceau est le cachet de cire qui sert de signature à une personne tout en permettant de sceller une lettre ; enfin, un saut est le résultat d’une action, celle de sauter. Sans cette nécessaire distinction de l’orthographe, vous ne pouvez espérer vous en tirer sans commettre quelques bourdes
.
- La remarque précédente fait état de mots qui, s’ils se prononcent de façon identique, ont un sens qui diffère de par leur orthographe. Voyons maintenant comment choisir la bonne traduction d’un mot quand plusieurs solutions sont proposées, comme c’est le cas pour ‘plat’. Au début de tout dictionnaire, bilingue ou unilingue, figure une liste des abréviations que l’on retrouve entre parenthèses après chaque mot et qui définissent sa catégorie grammaticale et sa nature (verbe transitif, intransitif, pronominal, nom masculin ou féminin, adjectif, adverbe, article…), vous aidant ainsi à choisir l’entrée qui correspond à ce que vous voulez dire.
- Enfin, quand vous êtes confronté(e)s à des mots comme ‘louer’ qui appartiennent à la même catégorie grammaticale quel que soit le sens, en l’occurrence celle du verbe, regardez ce qu’on appelle les ‘indications sémantiques.’ S’il s’agit du verbe ‘louer’ qui signifie ‘donner de l’argent en échange d’un logement’ et non ‘chanter les louanges’, figurera à côté du verbe français l’indication ‘maison, meubles, etc…’
Logique, non ? En résumé, oui, il faut TOUT lire. A vous maintenant de vous entraîner à la recherche en observant par exemple des mots à plusieurs entrées et donc de vérifier l’efficacité des conseils prodigués ci-dessus. Bon courage !Par serialteacher, Dimanche 19 Novembre 2006 à 22:52 GMT+2 dans Trucs et astuces de prof (article, RSS)





