Lire un texte et améliorer sa prononciation.
Nous voilà maintenant sur le point d’aborder le délicat problème de la prononciation de l’anglais. Qu’il s’agisse de lire à haute voix ou d’être capable de parler un anglais conversationnel intelligible, l’entraînement doit être régulier. Practice makes perfect, tout le monde le sait. Il existe bien entendu plusieurs techniques pour cela, de difficulté variable.
I- Parler, tout simplement.
D’une manière générale, lorsque je travaille ma diction (évidemment que je bosse mon anglais moi aussi, vous imaginez une soprane se dispenser de faire des vocalises ?), ce sont les textes d’Eminem que j’utilise. Entendons-nous : non je n’aime pas particulièrement le rap, et les textes en question ne correspondent pas nécessairement à mes goûts poétiques, mais force est de le constater : Eminem est un prince de la diction, et le suivre dans ses envolées est réellement difficile. Essayez donc de répéter en rythme et en articulant : This looks like a job for me , so everybody just follow me, ‘cause we need a little controversy and it feels so empty without me…
Il existe aussi un exercice aussi amusant (surtout pour moi) que difficile (surtout pour vous), qui est celui des tongue twisters (tongue : la langue / twist : tordre). Le tongue twister est l’équivalent des chaussettes de notre archiduchesse. Il ne veut rien dire de sensé, nous tire des larmes d’exaspération et de frustration, mais contribue indéniablement à nos progrès, alors aucune hésitation, pour en user et en abuser, c’est ici.
Il y a quelques temps, nous parlions du sens donné à un mot par son orthographe. Dans le domaine de l’oral, la qualité de la prononciation est évidemment importante mais il ne faut sous aucun prétexte négliger le ton. Lorsque vous vous adressez à un très jeune enfant qui ne maîtrise pas encore le langage parlé, c’est le ton que vous employez ainsi que votre expression qui lui serviront de repère. Essayez donc de lui dire ‘c’est très bien’ d’une voix mécontente, l’œil mauvais et le sourcil froncé ou alors ‘ça n’est pas bien du tout’ avec une voix douce et un sourire… Sans savoir que le message est en totale contradiction avec votre attitude, c’est le ton qui l’aidera à déterminer si oui ou non il a fait une bêtise. Jusque là tout le monde suit ? Vous pouvez, en anglais comme dans toute autre langue, exprimer la même idée de plusieurs manières différentes qui susciteront des réactions diverses chez votre (/vos) interlocuteurs. La nuance passe par le choix des termes employés, mais aussi du ton. Dans ma classe, dès que l’occasion se présente, je fais répéter un message avec comme contrainte de feindre divers sentiments : la colère, l’ennui, le mépris, la peur, l’exaspération, la tristesse, l’euphorie etc… Pour travailler sur ces nuances ainsi que sur la mélodie de la langue anglaise ou américaine, rien de plus simple : équipez-vous d’un lecteur DVD et de films que vous allez regarder en V.O. sous-titrée V.O. En effet, de cette façon, tout ce que vous n’aurez pas réussi à comprendre seul(e) sera écrit sur l’écran. Une fois que vous connaissez le contenu d’une phrase, repassez-la autant de fois que nécessaire et répétez en prenant soin de calquer votre intonation sur celle du personnage.
II- Lire
Point de lecture efficace avant d’avoir véritablement ‘pris connaissance’ du texte, repéré les verbes prépositionnels, les dialogues, le genre littéraire, le ton (dramatique, ironique, satirique etc…), le nombre et l’âge des personnages pour la raison suivante : lire un texte à l’aveuglette lorsque l’on est élève revient à se concentrer davantage sur la prononciation (avec plus ou moins de chance) que sur la compréhension, avec comme inévitable résultat des coupures malheureuses et une lecture monocorde, alors qu’au contraire, un texte lu à voix haute doit vivre, il doit être riche de nuances. Le repérage préalable de ces informations, la reconnaissance du parcours vous aideront à apporter à votre lecture toute son authenticité. Si vous êtes d’une nature timide, entraînez-vous en privé avec autant de régularité que possible, comme un sportif. Faire une séance de 3000 abdos tous les 6 mois ne servira à rien sinon vous donner des crampes. La solution est plutôt d’en faire 100 tous les soirs ou 3 fois par semaine… (admirez la métaphore…) Plus on lit, plus on prend confiance en soi, et meilleure sera la prononciation. Si on choisit de s’entraîner sur les mêmes textes dans un premier temps, il devient plus facile de travailler l’intonation sans avoir peur d’exagérer les nuances afin d’arriver petit à petit à des mélodies justes. Eh oui, la langue c’est aussi une musique…Enfin, pas de secret pour progresser : par-ti-ci-pez ! Votre serialteacher vous dira peut-être au début de l’année que vous lui rappelez singulièrement Yasser Arafat lorsqu’elle vous entend parler anglais, mais il ne faut pas se décourager et s’efforcer de parler et de lire aussi souvent que possible !Par serialteacher, Jeudi 21 Decembre 2006 à 22:44 GMT+2 dans Trucs et astuces de prof (article, RSS)






