
Alors le truc noir avec un dessin Shrek que vous voyez sur la photo, c'est la Serial-Pencil Case. D'ordinaire, et comme toute trousse qui se respecte, elle est remplie de trucs en tous genres, comme des stylos de toutes les couleurs, parce qu'on ne sait jamais quand une correction va nous tomber dessus. Et puis moi j'aime bien corriger en bleu turquoise, en rose tendre, en vert tilleul ou en violet Liz Taylor. C'est plus fun et moins déprimant en cas de zéro pointé que du rouge ou du vert de base. Je mijote d'ailleurs de me mettre au jaune citron rien que pour le plaisir de voir 25 petites taupes loucher sur la case appréciations de leur copie

. On y trouve aussi des ciseaux (avec des tournesols, of course), des vélédas moribonds (hallucinant comme l'expression 'véléda moribond' peut être proche du pléonasme. Quelle que soit sa date d'achat, un véléda est TOUJOURS en bout de course. C'est une règle que tout bon enseignant doit connaître. Ca et aussi que lorsque par un diabolique coup du sort ou un pet de cervelle monumental on a confondu un feutre effaçable avec un permanent, il suffit de repasser du feutre frais sur le feutre sec et d'effacer tout de suite, et on se retrouve avec un tableau tout propre. L'apprentissage ne se fait pas sans dommages collatéraux.) Et voilà que cette année, la mode semble être au bourrage de trousse. Les petits bouts de papiers que l'on voit sur la photo sont un échantillon de tout ce que je retrouve régulièrement dans ma trousse comme adresses mail, (apparemment tous les élèves ne peuvent pas accéder à serial teacher si je ne leur envoie pas un lien, allez savoir pourquoi.) dessins et petits mots divers. Bien entendu, les dépôts se font en début ou en fin d'heure, lorsque je suis occupée quelque part dans la classe et que je ne vois pas qui met quoi dans ma trousse ou dans mon cahier d'événements (dont je parlerai dans un prochain article, c'est prévu, arrêtez de trépigner et de m'interrompre pour un oui ou pour un non). Du coup, le soir je retrouve, interloquée, dans mes affaires et particulièrement dans ma trousse des morceaux de papier qui, j'en suis presque sûre, n'y étaient pas le matin même. Et moi, rien vu, rien entendu. C'est que c'est rapide ces petites bêtes-là. Me voilà donc périodiquement obligée de vidanger ma trousse de ces témoignages d'affection que je ne jette pas, rassurez-vous. Ils sont entreposés dans un coffret qui se trouve dans ma salle à manger, ou exposés sur mon frigidaire, parmi les dessins de mes filles. J'ai d'ailleurs de plus en plus de mal à retrouver ledit frigidaire dans ma cuisine, il me fait penser au Cousin Machin de la Famille Addams...
