Un parfum d'enfance...
Chacun et chacune a des repères auxquels il ou elle tient, car ils représentent une part de leur existence qui leur est plus ou moins chère : l'enfance. Si beaucoup d'entre nous, trentenaires, aiment passionnément débattre des Cités d'Or, des Chevaliers du Zodiaque, du Club Dorothée ou de Goldorak, les dénominateurs communs de ce type (oui oui, communs, car même pour moi qui n'ai jamais tellement eu le droit de regarder la télé lorsque j'étais enfant ou ado, ils sont synonymes de mercredi après-midis enchantés et enchanteurs) ne représentent (tout du moins je l'espère pour vous) que la partie haute de l'iceberg. Nous n'avons pas tous eu ou lu les mêmes histoires, écouté les mêmes chansons, chanté les mêmes comptines et appris les mêmes poésies. Il se trouve que ces derniers temps, j'ai fait un plongeon dans le monde de mon enfance en retrouvant certaines choses qui m'étaient précieuses : à Vichy, en septembre dernier, j'ai retrouvé dans une confiserie (ça ne vous aidera pas, à vichy, un magasin sur trois est une confiserie, le reste étant soit une boutique de prêt-à-porter féminin soit une pharmacie.) les bonbons que ma grand-mère gardait dans une pomme à glaçons en plastique orange bien kitsch, et qui avaient la forme de petits pois et de lardons (rassurez-vous, ils ont un goût d'anis). J'y ai même vu les petits réglisses cylindriques que mon autre grand-mère avait toujours dans son sac à main et qui se vendaient dans les petites boîtes rondes en fer rouge et blanc.
Puis, quelques mois plus tard, ma mère a réalisé un coup de maître en passant sa première commande sur internet : quelques jours plus tard, elle recevait par la poste un CD regroupant les chansons de Bob et Bobette, comptines et berceuses des années 20 et 30, que mes grands-parents avaient chez eux sous forme de 45 tours, et dont ma grand-mère s'était débarrassée en faisant comme à son habitude du nettoyage par le vide en vendant sa maison de campagne. Par la suite, mes frères et sœurs, ma mère et moi-même avions avec plus ou moins de succès mis en commun nos souvenirs pour retrouver les paroles de ces chansons, que nous croyions perdues à tout jamais. Et voilà que, par le biais d'un outil aussi génial que l'internet (et zut à ses détracteurs, si vous me lisez c'est que vous êtes connectés !), l'épouvantable erreur est réparée et que je peux à nouveau écouter avec ravissement Souriquet s'en va-t-en guerre, la Berceuse de Nounourse, les Roses de Mon Rosier ou encore la Marche des Petits Lapins. Je me revois à Messey sur Grosne chez mes grands-parents l'été, en pleine compétition de ‘robes qui tournent' avec ma cousine Nathalie, il y a des papiers peints psychédéliques au mur et mon grand-père regarde Ivan Lendl battre ses adversaires sur son poste de télé en noir et blanc qui fait un bruit épouvantable et saute souvent. Nathalie et moi, entre deux orgies de groseilles à maquereaux (dont je me suis acheté un plant il y a deux semaines, dans ma dynamique actuelle de retour en arrière), entre deux parties de Nain Jaune, entre deux allers-retours à la piscine, nous planifions moult vacheries à faire à nos petites sœurs, tranquillement.
Enfin, un rapide passage dans mon grenier, une razzia sur ebay m'ont permis de retrouver des livres lus et relus lorsque j'étais enfant et gravés dans ma mémoire par passages entiers. Mon Oncle et Mon Curé (dont l'exemplaire d'origine était annoté en tous sens au stylo bille vert par mon arrière grand-père chez qui c'était une manie), la Petite Sœur de Trott, Ces Dames aux Chapeaux Verts, Lili et Son Loup, Mamou, les Lettres de Mon Moulin, les Contes du Chat Perché, la collection des Heidi et de la Comtesse de Ségur, les œuvres de Pagnol, la liste est loin d'être exhaustive, mais petit à petit, je mets de côté tous ces trésors si chers à mon cœur et qui, je l'espère, deviendront des souvenirs pour mes enfants et, bien plus tard, pour mes petits-enfants...
Par serialteacher, Samedi 21 Avril 2007 à 18:21 GMT+2 dans Ma petite bio perso à moi (article, RSS)






