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Teachers Plant the Seeds of Success

Être prof, c'est pour moi une joie sans cesse renouvelée. Chaque année, en septembre, je fais connaissance avec des classes, mais aussi avec chaque enfant ou adolescent qui la compose. Lorsque je fais l'appel pour la première fois, je scrute chaque visage en songeant que dans quelques semaines il me sera familier et que je vais marcher main dans la main avec ces élèves pendant toute une année scolaire. Il m'arrive bien sûr de retrouver d'une année sur l'autre des élèves que j'ai déjà eus... ceux-là je les vois grandir, devenir plus mûrs, progresser et c'est extraordinaire de les regarder évoluer et de se dire qu'à son modeste niveau, on y aura contribué. Le bonheur, lorsqu'on est enseignant, c'est de savourer chaque minute d'un cours productif, lors duquel le courant passe tellement bien entre la classe et soi que lorsque la sonnerie retentit, on a l'impression de revenir sur terre et on se sépare à regret en attendant la séance suivante. Être prof, c'est aussi, les jours où on se sent moins performant, savoir se remettre en question et ne pas baisser les bras, se dire que le cours suivant sera plus réussi. C'est donner son temps, son attention, son énergie, mettre sa créativité et celle des élèves à contribution, mettre sa science et sa compétence à la portée de plus jeune que soi. C'est savoir où l'on va et le faire sentir, tout en n'ayant pas peur de se laisser entraîner hors piste si les idées des élèves ne correspondent pas à ou dépassent ce que l'on attendait. C'est un métier qui peut aussi être éprouvant, lorsque l'un ou l'une d'entre eux vient confier des misères parfois bien trop lourdes à assumer pour son âge, et qu'on ne peut offrir qu'une oreille attentive et quelques paroles qu'on voudrait réconfortantes. C'est donner une éducation de base quelquefois, lorsque le contexte familial n'est pas en mesure de fournir un cadre suffisant, et ne pas démissionner face à chaque petit manquement qui ne demande qu'à devenir plus important. C'est enseigner la rigueur et l'amour du travail bien fait, transmettre la soif de connaissances, poser les fondations de l'autonomie et combattre l'approximation. C'est être prêt, bien qu'on nous exhorte en formation à marquer chaque élève par la maîtrise de son sujet et par sa personnalité, à n'être qu'un adulte de passage dans la vie de milliers de jeunes insouciants et se préparer à devenir petit à petit, un vieux con. Et puis, un beau jour on reçoit un mail de Françoise (1ES, Pontus de Tyard 2004-2005) qui dit qu'elle est en seconde année de LLCE anglais et que ça se passe très bien, on rencontre par hasard sa camarade de la même classe, Charlotte, qui dit qu'elle est en seconde année de LEA anglais-espagnol et que c'est vous qui lui avez donné de goût de l'anglais. On croise Gaëlle, qu'on avait convaincue d'aller en 1ère ES plutôt qu'en BEP esthétique, et qui remercie avec beaucoup de sincérité parce qu'elle est à présent en pleine préparation du bac ES et qu'elle a même de bonnes moyennes... Alors on se dit qu'on n'est pas prêt pour le placard et que non, vraiment, la reconversion c'est pas pour demain...

Vos commentaires

1 Le Dimanche 30 Mars 2008 à 20:15 GMT+2, par nannette

Moi c'est mon prof de physique chimie de seconde qui m'a définitivement convaincue de suivre la voie scientifique et je ne l'en remercierai jamais assez.

Puis la rencontre en fac, avec un maitre de stage hors pair, avec qui je suis toujours en contact m'a permis de faire des choix et d'arriver là ou je suis aujourd'hui.

J'ai un immense respect et une grande reconnaissance pour ces adultes qui ont pris le temps de me guider et d'autres sans doute sur la voie qui me convenait le mieux.

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