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Un échange de matières...

Ma première semaine de vacances aura été animée. Loin de me reposer d'un second trimestre fatigant, je suis allée à Cusset assister et participer aux cours d'espagnol de mon ami et collègue Marc. Il était déjà venu à mon collège l'année dernière en mai pour suivre une de mes collègues d'espagnol dans le cadre de sa préparation au CAPES (le concours étant déjà difficile, mieux vaut s'assurer AVANT qu'on a un bon feeling avec les élèves et que l'enseignement nous attire réellement.) Il a également suivi une autre collègue et amie d'un lycée voisin, et enfin moi-même, professeur d'anglais. Car je crois fermement qu'un bon professeur de langues en parle plusieurs et ne s'arrête jamais de se former, même lorsque l'IUFM est loin. J'ai donc eu envie, maintenant que Marc est stagiaire, de le suivre à mon tour pour le voir à l'oeuvre d'une part, et d'autre part pour voir ce que moi je donnerais en prof d'espagnol. Un sujet d'actualité, à l'heure de la mise en place de la bivalence dans l'enseignement secondaire. Et bien j'ai adoré cette expérience. J'ai eu le plaisir de constater que ses cours étaient de bonne qualité et que les élèves étaient réceptifs malgré un effectif lourd (jusqu'à 34 élèves. Ma classe la plus nombreuse fut de 36 élèves l'année dernière dans mon lycée). J'ai eu le bonheur de prendre part au cours en faisant de la correction et de l'explication de temps et de modes en cours d'étude ou non encore abordés. Nous avons créé ensemble un conte de fées moderne et l'avons mis en forme. Nous avons étudié deux dessins dont le thème était la condition de la femme moderne, et j'ai même appris quelques mots que je ne connaissais pas au passage. Je me suis amusée à souffler des réponses à mon petit voisin qui s'était timidement assis à côté de moi, la classe ne comptant que 35 places. Réponses qu'il s'est empressé de lever la main pour restituer à l'oral, faisant du coup peser sur moi les lourds soupçons de son professeur attitré. Je lance donc un appel à tous les professeurs de langues de France et de Navarre: s'il en est parmi vous qui ne voient pas d'inconvénient à consacrer quelques jours de leurs vacances à cet exercice aussi amusant qu'intéressant, qu'ils se fassent connaître. J'aime à penser que ma classe est ouverte, j'ai d'ailleurs assez souvent des visiteurs (anglophones, anciens élèves, élèves d'autres classes qui ont une heure de libre et ont envie de suivre un copain ou une copine à son cours d'anglais, j'ai même eu une étudiante envoyée par l'IUFM en septembre dernier), et on apprend beaucoup à regarder les autres faire et à les écouter commenter nos cours. C'est une façon de remettre en question sa propre pratique et d'y apporter des petites nouveautés lorsqu'on a observé chez un collègue une activité, une attitude, une stratégie qui marche. On peut ainsi demander des conseils à des collègues plus expérimentés ou en donner s'ils sont sollicités (des conseils, pas des collègues...), et savoir qu'on n'est pas nécessairement seul(e)s face à certaines difficultés. Les inscriptions sont ouvertes...

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Une institutrice anglaise parmi nous

Pour notre dernier cours, le vendredi 30 juin, la classe de 6e et moi avons reçu une invitée en la personne de Jeanine Fitzpatrick, institutrice dans une école maternelle et élémentaire non loin de Nottingham. Bien que certains élèves aient manqué ce jour-là, nous avons passé une dernière heure très agréable tous ensemble, les enfants à poser des questions (tout en anglais) et Jeanine à leur répondre avant de leur en poser à son tour. Je n'ai eu que peu d'occasions d'intervenir dans les échanges car la compréhension mutuelle était bonne, et les deux parties intéressées.




Jeanine montre les uniformes de l'école où elle travaille











Sans conteste une expérience agréable à renouveler dès que possible, car l'intérêt d'apprendre une langue étrangère, c'est de pouvoir tester ses connaissances sur les natifs... Jeanine, feel free to visit my classes again anytime you wish, and Sara (my American best friend), I expect YOUR visit sometime next year!

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Welcome to the Café des Langues, please sit down!

Une grande aventure que celle-là! La journée portes ouvertes de notre collège m'a donné l'occasion de monter un projet amusant et attractif avec mes élèves de 6e (mes petits rayons de soleil ). J'y ai entraîné ma collègue d'allemand Edith et ai sollicité pour la décoration la collaboration de mes 3e qui se sont révélés très créatifs, comme certaines photos le montreront. Nous avons donc installé, ce samedi 17 juin, notre Café des Langues. Les 6e, à la grille du collège dès 8h pour certains, m'ont aidée à disposer tables, nappes et panneaux, à faire des petits bouquets de fleurs artificielles pour les tables, à couper les gâteaux (J'en profite pour adresser un grand merci aux mamans et élèves qui ont apporté en tout... 30 gâteaux et fait des quantités industrielles de biscuits . Quel bonheur de pouvoir compter sur le soutien de ses troupes!) et préparer les boissons. Quelques-uns se sont transformés en panneaux publicitaires vivants en se collant dans le dos et sur la poitrine des feuilles sur lesquelles on pouvait lire "café des langues, hall rouge, 2nd étage". Ceux qui sont restés se sont mis par binômes et ont accueilli les parents d'élèves, les futurs élèves, les anciens élèves et les élèves actuels qui avaient un petit creux, une petite soif ou une grosse envie de se faire servir... et tout ça dans un anglais parfait, si si ! Nous avions au préalable travaillé les questions à poser et les phrases de rigueur: "What would you like to drink/eat?" "We've got tea/coffee/orange juice/cake/biscuits..." Would you like some sugar in your tea/coffee?" etc...
Nous avons passé une matinée intense mais très riche en compliments, remerciements, remarques-agréables-qui-font-du-bien-à-l'ego... et nous tâcherons de recommencer l'année prochaine, avec des interventions un peu plus perfectionnées, puisque, mes petits, vous serez en 5e, et donc plus savants... eeeeeeh oui...

Pierre-Marie installe le Union Jack prêté par Auguste...


Nos petites tables devant la salle de Gisèle...


D'autres tables devant les panneaux d'allemand d'Edith...


Les petits qui décident de la meilleure façon de couper (ou de goûter peut-être...) les gâteaux


Betty surprise en flagrant délire =)




Les élèves en plein service...


Un client important, Monsieur le Principal-adjoint himself!!


Laury (3e6) et sa copine Pauline, elles aussi venues tester la qualité de nos prestations...


Et enfin, une délégation du personnel de l'établissement à la recherche d'un peu de repos et de réconfort...

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La littérature à petite, moyenne et haute dose

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Cette publicité est en espagnol, certes. Elle m'a été donnée par ma collègue Gisèle, elle-même professeur d'espagnol émérite. J'ai choisi de l'insérer en illustration (la pub, pas Gisèle) de mon article parce que la détresse de ce petit singe qui ne sait pas lire et qui nous enjoint, à nous autres humains, de profiter de notre aptitude à le faire remet en quelque sorte les pendules à l'heure. La lecture, aujourd'hui méprisée, négligée, offre pourtant d'innombrables perspectives. La publicité en énumère quelques-unes: Amuse-toi. Multiplie tes idées. Découvre d'autres mondes. Améliore ta conversation et l'opinion que les autres ont de toi. Satisfais ta curiosité. Approche-toi des livres...

Aaaaaah la littérature... le bonheur de savoir lire... le plaisir de découvrir une nouvelle histoire sous chaque couverture cartonnée... Lorsque j'étais élève, j'ai passé de longs moments à feuilleter mes manuels d'anglais et à lire et relire chaque texte qui s'y trouvait en essayant d'imaginer ce qui se passait avant et après l'extrait qui nous était présenté. A ce moment-là, les commandes de livres sur internet n'étaient pas d'actualité et obtenir un livre en anglais d'une librairie locale s'il n'était-pas-commandé-en-36-exemplaires-dans-le-cadre-du-lycée frôlait le farfelu doublé de l’impossible. Pas étonnant donc que le professeur en devenir que je suis ait fait du texte long son cheval de bataille (j’ai même choisi de traiter ce sujet dans mon mémoire professionnel). Lorsque j’ai effectué mon stage, mon premier projet en arrivant à mon lycée d’affectation a été l’étude d’une œuvre complète avec ma classe de 1e ES. J’ai choisi Matilda de Roald Dahl, d’une part parce que j’admire énormément cet auteur et d’autre part (ô surprise) parce que j’étais tombée par hasard sur un extrait de ce livre qui avait fait l’objet d’un sujet de baccalauréat. Armée cette fois d’un pc, d’un modem et d’une carte bleue, ayant l’âge légal pour commander seule sur internet, bien décidée à ne pas rester une nouvelle fois sur ma faim, je m’étais fait livrer cette petite merveille de conte pour enfants et l’avais tellement appréciée que je m’étais promis de m’en servir en cours. C’est chose faite, au rythme d’environ une heure par semaine entre novembre 2004 et mai 2005 et j’ai la prétention de croire que je ne suis pas la seule à avoir aimé travailler dessus en cours. En effet, même si c’était moi l’instigatrice de cette lecture suivie, c’est eux qui ont choisi d’adhérer à ma proposition après m’avoir écouté lire le premier chapitre à voix haute. J’ai découvert tout un tas de choses que je ne soupçonnais pas sur les élèves de cette classe de bon niveau. Ils m’ont étonnée par leur finesse en étant capables d’établir des comparaisons entre les personnages de Matilda et ceux d’autres livres, et ils ont pu cocher un nombre tout à fait appréciable d’œuvres plus ou moins classiques dans la liste ‘qu’avez-vous lu ?’ de notre première worksheet. Je retiens des progrès remarquables d’un certain nombre d’entre eux en expression écrite (ils tâchaient, souvent à bon escient d’ailleurs, de réutiliser les tournures et le vocabulaire rencontrés et élucidés), et j’espère vraiment y avoir contribué. Et voilà que voyant leurs aînés lire un livre entier en anglais, mes Seconde LV2 ont voulu avoir leur séquence de lecture suivie aussi. Pensant qu'il était peut-être un peu ambitieux avec des LV2 de lire un livre entier, j'ai proposé un chapitre de Harry Potter and the Philosopher's Stone et ai obtenu d'assez bons résultats, puisque nous avons pu classer et parler des personnages, des événements et des lieux sans problèmes, évoquer la disposition du texte et ses particularités, et travailler sur le style et le ton humoristique. Au niveau des apports linquistiques, nous nous sommes plongés dans l'étude exhaustive de la comparaison et de la formation des mots (ce dernier point étant un passage obligé pour toute personne désirant améliorer sa compréhension écrite). Nous avons même pu faire un peu de phonologie.
Cette année non plus, je n'ai pas pu résister à l'envie de faire du texte long, avec une nouvelle de Tony Wilmot en classe de seconde. Je regrette juste d'avoir consacré tant de temps à cette séquence, puisqu'il faut se méfier en initiant les élèves à la lecture en langue étrangère de ne pas susciter une réaction d'ennui, inverse bien entendu à celle que l'on espère. Le texte long est à mon avis indispensable en cours de langue pour valoriser les élèves et leur faire prendre conscience ce tout ce qu'ils peuvent comprendre. Voilà pourquoi je mijote désormais de l'introduire au collège...

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Mon aventure andalouse

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Comment ne pas parler de ce merveilleux voyage qui m’a tant apporté? J’ai eu la chance de voir ma candidature retenue pour l’un des stages professionnels à l’étranger que l’IUFM proposait et je suis donc partie pour 15 jours en janvier-février 2005, à l’assaut de l’Instituto Alto Guadiato à Peñarroya-Pueblonuevo, ancien village minier situé à une heure de route de Cordoue. Le but de ce stage était de découvrir comment travaillent nos collègues espagnols et d’échanger nos méthodes. Durant ces 15 jours, j’ai eu le privilège de m’occuper de classes toutes très différentes les unes des autres et de me rendre compte que nos conditions de travail ici en France sont idéales comparées à celles des professeurs espagnols, dont 25% sont des intérimaires.
I- Côté élèves :
Aucune discipline, mais alors aucune. Adorables mais ne sauront jamais parler anglais, car ils ou elles s’asseyent en groupe (les pupitres sont en réalité des petites tablettes rattachées aux chaises, et donc mobiles à souhait), quelquefois en rond, et conversent sur tout sauf le cours, en espagnol bien entendu et s’interpellent à voix haute, crient, rient, se déplacent, sans avoir nullement conscience de mal faire. Ne font aucun effort pour comprendre l’anglais, exigent une traduction systématique de ce que dit le professeur et contestent la moindre de ses décisions. A ce que m’a dit mon professeur référent sur place, Enrique Bonal, lui-même vacataire, nous n’avons vu que « l’élite ». Et je dois dire que je le crois, à entendre les cris d’animaux qui émanaient des salles avoisinantes où des cours dans les classes « difficiles » avaient lieu. J’ai moi-même vu deux élèves de ces classes dégonder une porte pour se la lancer dans les couloirs, y faisant un trou impressionnant. Voici une photo de la porte réparée :

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Lorsque j’ai été invitée à participer au cours, j’ai fait parler les élèves avec des questions de base sur eux-mêmes (nom, âge, goûts etc…) et il y a eu un élève d’équivalent 4e pour me dire avec un sourire en coin ‘I like….WOMAN.’ D’une manière générale, ils se sont montrés très curieux quant à notre façon de travailler, à mon collègue Pascal (professeur de technologie) et à moi. Ils avaient des tas de questions à poser (avec une nette prédominance pour ‘are you married ?’) et de choses à dire. J’ai adoré travailler avec eux et si j’avais pu y retourner cette année, je l’aurais fait.
II- Côté profs :
Usé, ils ont l’air usé, tous autant qu’ils sont. A voir l’énergie qu’il faut déployer avec « l’élite », je me demande comment ils ne font pas de cauchemars la nuit sachant que leurs emplois du temps sont divisés entre ‘buenos’ et ‘problematicos’. J’ai découvert que là-bas, les élèves tutoient les profs et les appellent par leur prénom. Moi qui vouvoie mes élèves de lycée, ça me laisse perplexe. Je leur ai décrit ma façon de travailler en précisant que j’utilisais le ‘voseo’ (le vouvoiement donc) avec mes élèves, ce qui a donné lieu à un quiproquo amusant : ils ont compris que j’utilisais le boxeo (la boxe donc) et ont commencé à me regarder d’un autre œil (et pourtant l’épisode du 2 mai n’avait pas encore eu lieu). Parmi les détails qui m’ont frappée, je me rappelle avoir assisté à un cours lors duquel un devoir était corrigé. Je me demandais pourquoi Maria-Angeles ne notait rien au tableau et les élèves rien sur leurs copies. J’ai dû attendre la fin de l’heure pour le savoir : là-bas apparemment quand le devoir est corrigé, on le redonne au prof qui le stocke chez lui en attendant de le jeter à la fin de l’année. Pas étonnant donc qu’ils ne prennent pas de notes, puisqu’ils n’auront pas l’occasion de revenir à leur copie par la suite. Après avoir discuté avec Maria-Angeles et lui avoir montré un classeur-type dans lequel tous les devoirs sont censés être rangés et gardés, elle m’a dit avec le plus grand enthousiasme que c’était une excellente idée et qu’elle la mettrait en pratique l’année suivante. C’est là qu’on ressent à quel point les vacataires, intérimaires et autres maîtres auxiliaires sont démunis lorsqu’ils enseignent pour la première fois et apprennent sur le tas, sans personne pour les guider. J’ai moi-même été dans cette situation là et ai commis bien des erreurs, corrigées aujourd’hui grâce aux diverses formations dont j’ai bénéficié. Bien entendu, des erreurs, j’en fais encore, je m’en rends souvent compte sur l’instant d’ailleurs et me promets mentalement de réparer au cours suivant. Je me suis fait cette année une liste des choses à changer dans mes méthodes et dans ma mise en œuvre dès septembre prochain et je crois fermement que j’arriverai à être un bon professeur un jour. Enseigner, c’est se remettre en question à chaque instant, donner donner donner et être prêt moralement à ne pas toujours recevoir en échange...

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