serialteacher

Je plébiscite...

Z'avez vu ça, un peu, comment j'arrive à dire 125 fois la même chose en variant mon vocabulaire? Je plébiscite, donc, (ça a quand même une autre gueule que 'j'kiffe') Cristian Castro. Curieux, me direz-vous, je n'en ai jamais entendu parler. Normal. Sa voix ne serait jamais parvenue jusqu'à mes oreilles sans mon stage en Andalousie où, lors d'une folle soirée dans l'une des innombrables bodegas locales, je l'ai entendu brailler de sa voix d'or le titre Azul, apparemment très bien connu de mes collègues espagnols, à les écouter en reprendre très fort et très faux (mais tous en choeur) le refrain. Sans doute faut-il être hispanohablante pour connaître. Comment vous décrire le phénomène Castro? Patrick Fiori avec une personnalité? Très belle voix, très puissante aussi, un brin désuet dans ses mélodies et ses rythmes (je compense avec tellement de heavy metal que je peux me permettre d'écouter de la soupe des choses plus 'light' de temps à autres), mais j'assume ce que j'écoute et il m'arrivait de le faire toutes fenêtres ouvertes, jusqu'au jour récent où l'un de mes amis m'a demandé depuis quand j'écoutais Frédéric François. Après un chapelet d'injures ma foi parfaitement mérité, je suis retournée massacrer Silencio, Volver a amar, Yo queria à mes petites occupations, cette fois équipée de mon lecteur MP3, sur lequel se côtoient en toute harmonie (ebony and ivory...) Rammstein et le Mexicain de mon coeur...

6 commentaires - aucun rétrolien

Ma collection de mots-clefs

J'en ai parlé dans 'vous qui passez par ici', je n'administre jamais mon blog sans aller jeter un coup d'oeil à la liste des mots-clefs qui vous ont amenés ici. Or alors que certains d'entre eux sont sans surprise, tels 'Tony Wilmot', 'Thanksgiving', 'cahiers de textes virtuels' ou encore 'j'aime/j'aime pas,' d'autres me laissent perplexe, voire me font étouffer dans ma tasse-de-thé-Fée-Clochette-qui-vient-de-Disneyland (au cas où vous vous demanderiez, oui, je suis montée dans le Space Moutain, et oui, j'en suis sortie avec ma coiffure de 'vieux prof fou', merci Clément...). Comment dois-je prendre le fait que mon blog ait été visité par des gens ayant tapé 'cucu' sur google? 'sonnerie qui ya que les moin de 25 ans qui l'entende' [sic]? Mais le top du top, c'est 'Guillaume Canet déguisé en ananas'... A suivre...

21/02/07: En tête de mon top 25 ce matin, on trouve 'Sonnerie anti-prof', ce qui indique clairement que le SMS-envoyé-et/ou-reçu-en-classe est top tendance à la veille des vacances (youpi ça rime) et que la colle/punition/confiscation qui suit se marie ma foi très bien avec. J'imagine donc le mini internaute taper énergiquement 'sonnerie anti prof' de deux doigts rageurs sur google, et tomber dans la déconfiture à la lecture de mon article. Allez, ne sois pas triste, mini internaute: je t'ai peut-être évité de gaspiller 2 ou 3 euros de téléchargement bidon. 'Bruit de rire', en bonne place derrière 'vache qui rit' remonte depuis quelques jours sans que je sache réellement pourquoi. Non que l'entrée 'vache qui rit' soit plus claire pour moi, notez...

21/03/07: Aïe, je ne sais que penser de l'entrée de 'J'ai raté mon inspection, je ne suis pas prof', et surtout du fait que taper cette phrase sur google dirige le ou la malheureux(se) vers chez moi... Il est vrai que c'est la période des visites-contrôle pour les stagiaires PLC2, et qu'on a toujours un risque de se planter. Allez courage, petit scarabée qui a raté son inspection, tu as une 3e visite à préparer... Maintenant je voudrais savoir QUI a tapé 'colonne douche good morning', et surtout POURQUOI???

05/05/07: les petits cocos, ça sent le bac. Jamais ma liste de mots-clefs n'a été aussi pleine de recherches du type 's'entraîner à l'oral du bac en aglais', 'expression écrite anglais au bac' 'travailler sa compréhension de l'anglais' et j'en passe. La rubrique 'trucs et astuces de profs est également la plus visitée en ce moment. Si ça sert, tant mieux, c'était fait pour ça. Heureusement, certains ne perdent pas de vue leurs priorités puisque j'ai également trouvé 'ma voisine est trop bonne', 'mon premier fist' (???) et 'desserts siciliens' parmi les nouveautés. Mon petit préféré: 'le magasin sera fermer'. Pourquoi? parce que j'ai le secret espoir que la ou les personnes qui ont tapé ça sur google ne savaient pas l'orthographier correctement et auront pris mon laïus sur la différence infinitif/participe passé en pleine face. C'est au moins ça qu'ils auront appris au passage...

24/05/07: oui, je sais, j'ai déjà une édition dans ce post pour le mois de mai, mais que voulez-vous, c'est mon blogversaire aujourd'hui et je suis excitée comme une puce. Voyons un peu les nouvelles entrées... Je commence avec 'nu dehors' qui m'a une fois de plus fait avaler mon coca de travers avec les conséquences nasales désagréables que cela entraîne... Puis il y a le très poétique 'ma voisine est trop bonne', mais là je m'insurge: n'ayant pas de jugement à formuler sur la mienne, je vois mal comment quelqu'un a pu atterrir sur serial teacher par un moyen aussi douteux (n'allez pas en déduire que je me livre pour autant à des activités de nudisme extérieur...). Un avis de recherche pour un internaute malheureux qui voudrait savoir qui est la 'nouvelle chanteuse qui passe à la 6', si vous êtes son voisin et que vous la trouvez bonne, manifestez-vous, vous apporterez le repos à une personne tourmentée. Enfin, vous êtes quelques-uns à avoir envie de vous informer à propos des 'tatouages de Pink'... Si un spécialiste passe par ici...

3 commentaires - aucun rétrolien

C'est plus fort que moi...

je ne peux pas supporter l'erreur. Qu'il s'agisse de l'anglais, du français (syntaxe, grammaire, orthographe...) ou d'une simple faute de frappe, l'erreur me rend malade. Lorsque je regarde un film, je suis traumatisée par le quiproquo et mon estomac n'accepte de se dénouer que lorsque tout est bien qui finit bien. Je commence invariablement les romans policiers / à suspense par la fin pour savoir qui est le coupable et donc pour éviter de me perdre en conjectures et éventuellement de partir sur une fausse piste. (Seule exception à la règle: Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, j'ai réussi à me tenir tranquille jusqu'à la fin, mais tout juste, hein...). Cette phobie m'a poussée il y a quelques semaines à demander un marqueur à l'employé fruits et légumes de chez Leclerc pour corriger le panneau qui indiquait en plusieurs langues où il fallait peser ses achats de façon approximative, pour ne pas dire puant le traducteur automatique. En arrivant dans un magasin dijonnais il y a quelques années, j'ai vu une affiche sur la porte disant: 'le magasin sera fermer à partir de...' Or rien ne m'exaspère comme la confusion entre un infinitif et un participe passé. Vraiment. Surtout lorsque l'on songe à la simplicité de la règle qui permet de les différencier (remplacerait-on 'fermer' par 'finir' ou par 'fini'? Par 'fini'. Donc logiquement, on écrit 'le magasin sera 'fermé'. C'est tout.) J'ai donc tourné fébrilement dans le magasin à la recherche de ce dont j'avais besoin, me demandant quoi faire. Je ne pouvais me résoudre à partir sans que quelque chose soit fait pour réparer cette épouvantable erreur. En passant à la caisse, j'étais toujours indécise. Partir quand même sans rien dire? Vexer la vendeuse? Corriger discrètement (difficile de gribouiller 'discrètement' sur la porte d'un magasin me direz-vous...)? Prise d'une suée à la pensée que l'erreur resterait, je me suis décidée à vexer la vendeuse, qui se trouvait être la gérante. Et qui a accusé sa vendeuse absente (et les absents ont toujours tort, c'est bien connu) de ne pas savoir écrire. (On serait tenté de dire qu'une vendeuse qui ne sait pas écrire n'interdit pas à sa patronne de savoir lire, mais on se retiendra.) La faute corrigée devant moi, je suis repartie d'un pas léger, seule dans le soleil couchant, en chantonnant I'm a poor lonesome réac...

13 commentaires - aucun rétrolien

Yuck!

 

Lorsque j'ai commencé à enseigner, il y a quelques années déjà, le fait d'avoir en classe quelques ruminants ne me dérangeait pas vraiment. "S'ils mâchent du chewing-gum en cours et que je les interroge, ils seront automatiquement pénalisés," me disais-je, repensant à un certain cours de traduction de ma première année en fac d'anglais. Ma copine Séverine s'était mis dans la tête de manger des tic-tac ce jour-là (les verts et orange) et a commencé fort inélégamment à baver fluo aux commissures des lèvres lorsque la prof lui a demandé de traduire la phrase suivante. Ses efforts désespérés pour parler la bouche remplie de tic-tacs et retenir ses postillons colorés resteront gravés dans ma mémoire à tout jamais comme un des souvenirs les plus hilarants de ma carrière à l'université. Et pourtant, j'en ai un certain nombre. Ce que je veux dire en mettant en avant le ridicule total de cette situation, c'est que le chewing gum, c'est écoeurant. Ma maman m'a appris qu'on ne parlait pas la bouche pleine, alors pourquoi serait-il plus acceptable de parler en mâchant du chewing-gum, surtout en classe? Pour résumer, je déteste le chewing gum parce que:

- c'est mauvais pour les dents

- c'est vulgaire, d'autant plus si on fait des bulles avec.

- ça n'est pas parce qu'il y a écrit 'sans sucre' dessus que c'est sans effets sur la ligne.

- Ca donne de l'aérophagie.

Et avec tout ça, si vous saviez à quel point ça vous donne l'air idiot, vous n'en achèteriez plus jamais...Regardez ce qui est arrivé à Violette Beauregarde dans Charlie and the Chocolate Factory...

 

2 commentaires - aucun rétrolien

J'aime pô...

Les grèves. C'est laid.

3 commentaires - aucun rétrolien

I just love...

...my job. Comment ça, on commence à le savoir? Et pourquoi je ne pourrais pas le redire, d'abord? C'est bien pour parler de mon boulot que j'ai créé ce joli blog, à moi que j'ai. Combien d'entre nous, actifs, contribuables, Français, peuvent dire qu'ils se lèvent le matin avec la joyeuse perspective d'aller travailler? Combien y'en a-t-il dans la salle qui soufflent lorsque le réveil sonne, qui tardent tant qu'ils peuvent avant d'émerger et finalement, passent une journée "normale, quoi" au boulot? Moi lorsque je me prépare à aller en cours, je me demande si je vais avoir des invité(s) surprise, si mes élèves ont bien fait leurs devoirs, quelles seront les interventions marquantes du jour. Sera-ce une journée à répliques cultes? à phrases-qui-valent-dix-croix-sur-la-fiche-de-participation? à punitions répétées? Que vont-ils bien m'inventer aujourd'hui? Chaque jour je redécouvre mon métier, chaque soir en préparant mes cours ou en pensant mes séquences je tâche de le réinventer. Comment faire passer cette notion? Peut-on envisager un extrait vidéo ici? Ce texte est-il trop long? trop obscur? pas assez intéressant? Mes explications seront-elles suffisamment claires? Je me rends compte bien souvent qu'une partie de mon cerveau est TOUJOURS au travail, en train d'échaffauder des plans de cours qui ne me viendraient pas forcément au moment où je suis en pleine élaboration mais qui surgissent allez-savoir-pourquoi alors que j'attends patiemment au feu rouge (bon sang mais c'est bien sûr!! et tête des autres automobilistes devant mon expression illuminée), que je fais peser mes fruits et légumes au supermarché (Pommes...poires...carottes... eh ben allez, PPC pour lundi prochain tiens) ou que je suis tranquille au cinéma / dans mon salon en train de regarder un film. A l'inverse, j'ai beau être préoccupée par un problème personnel ou rire encore de la dernière blague à deux balles d'un collègue en sortant de la salle des profs (si si, les profs aussi font des blagues à deux balles...), lorsque je franchis la porte de ma salle, on dirait que le monde extérieur se met en veille pour moi. Je n'arrive plus à penser à autre chose que ce que je suis en train de faire en classe. Je me sens bien à l'école, tellement que je ne l'ai jamais quittée (coucou Louise). Ayant débuté ma carrière de prof dans l'établissement où j'ai été éduquée de la maternelle à la terminale, j'ai retrouvé avec émotion les couloirs, les salles de cours de mon primaire, où flottait encore la même odeur, les larges escaliers en pierre, 100000 fois montés, 100000 fois descendus, usés par des générations et des générations de galapiats (allez j'arrête je vais pleurer). In-croy-able. Peut-être m'avez-vous déjà croisée dans les couloirs, narines frétillantes, respirant d'un air pâmé à plein poumons l'odeur de mon enfance... Euh, dites, c'est grave, docteur?

15 commentaires - aucun rétrolien

Je souffre toujours beaucoup...

...de faire pleurer un(e) élève. Bien sûr, je ne compte pas la fois où Claire-Adeline (2nde CSS, 2000-20001) s'est mise à hululer parce que dans le cadre de Halloween, j'avais prononcé le mot 'spider' alors que la demoiselle souffrait d'arachnophobie... (ndlr: arachnophobie n'est pas une nouvelle maladie ni une grossièreté. C'est juste la phobie des araignées.) Claire-Adeline, si tu nous regardes... Il arrive que par une maladresse dont je ne me rends pas compte sur le moment, une remise en place méritée mais qui tombe mal ou une mauvaise note, je sois la goutte d'eau (in English: 'the last straw' ou 'the straw that broke the camel's back') qui fait déborder le vase, en l'occurrence les glandes lacrymales d'un(e) malheureux(se). NE ME FAITES PAS CA ==> ça me donne l'impression d'être une méchante sans coeur, la sorcière de service et tout et tout... et après je passe la soirée à culpabiliser...

2 commentaires - aucun rétrolien

Je ne supporte pas...

...les hyènes . Ne vous méprenez pas, je n'ai rien contre l'animal proprement dit. Par 'hyène', j'entends les élèves de mauvais esprit, dont le passe-temps favori consiste à commenter de manière désobligeante la tenue et l'apparence en général de leurs camarades, ainsi que la moindre de leurs interventions en cours. Je me suis bien souvent montrée patiente et de bonne composition avec les menus défauts communs ou presque à tous les élèves (encore que ma patience s'amenuise avec le temps), mais les hyènes ne sont pas et n'ont jamais été tolérées dans mes cours . J'ai remis les oreilles dans le sens du vent à un bon nombre de hyènes depuis le début de ma carrière et le ferai jusqu'à ma retraite sans gants, sans le moindre remords, sans effort - I'm a natural- mais avec un vif plaisir, autant de fois qu'il sera nécessaire pour préserver de leur venin les timides participations des moins forts en anglais . Je trouve insupportable qu'à cause de deux ou trois imbéciles qui, soit cachent leurs lacunes derrière une arrogance aussi risible qu'injustifiée, soit se débrouillent assez bien et du coup se croient sortis de la cuisse de Jupiter, d'autres n'osent pas ouvrir la bouche de peur d'être aussitôt punis par une réflexion désagréable. Alors:
- aux hyènes: vous êtes prévenu(e)s, réfléchissez avant de parler si vous n'avez pas envie de vivre un grand moment de solitude...
- aux autres: que vous soyez forts et qu'on vous traite de fayots, ou que vous soyez moins forts et qu'on vous traite de tache (oui, sans accent circonflexe. Une tâche, c'est un travail.) je serai là pour vous défendre. De toute manière, c'est votre avenir personnel que vous préparez en travaillant/participant en cours. Les hyènes ne font pas partie de cet avenir, d'ailleurs dans dix ans vous aurez même oublié leurs noms, tellement peu dignes d'être retenus de toute manière...

PS: il va de soi que je ne parle que des cas où l'intention est réellement de nuire. Il ne s'agit pas de sanctionner toute moquerie innocente qui pourrait par ailleurs mettre en évidence une étourderie et s'avérer salutaire pour l'étourdi. Après tout, l'humour est une preuve d'intelligence...

1 commentaire - aucun rétrolien

J'aime!!!

TITRE

Mon porte-craie.... Il m'a été offert par Amparo, la prof coordinatrice de français du lycée andalou où j'ai fait un stage l'année dernière, et j'y tiens beaucoup. J'ai bien failli le perdre un certain nombre de fois cette année, pourtant, à force de le laisser dans le rebord du tableau... mon porte-craie et moi c'est un peu Linus et sa couverture, Batman et Robin, Starsky et Hutch, Zorro et Tornado... Mon petit porte-craie, je sais bien moi, que sans toi je ne travaillerais pas aussi bien...

8 commentaires - aucun rétrolien

Je déteste...

...les tableaux mal effacés . Ca a le don de me rendre chèvre. L'année dernière, je passais mon temps à effacer le tableau du professeur qui me précédait dans une certaine salle et à une certaine heure. Elle s'exclamait toujours, en rangeant ses affaires:"mais attends, je vais le faire!" Et moi "mais non pense-tu, c'est avec plaisir!" Bien sûr, j'avais vu sa façon de nettoyer un tableau alors merci, mais non merci. J'ai vu des professeurs n'avoir aucun mal à écrire par-dessus des mots encore visibles, qui rendaient à peine lisibles leurs notes. Voilà quelque chose qui me dépasse. Quel manque de courtoisie! Cette année, en désespoir de cause, j'ai inscrit un soir dans un coin du tableau 'organise stages d'effaçage de tableau. Collègues intéressés, s'adresser à Cécile V.' Pas eu de succès, mais j'aurais pu, à voir les tableaux maculés de poussière jaunâtre, sur lesquels se lisaient encore des morceaux de cours gribouillés ici et là. Le vendredi matin, en arrivant dans la salle, je sortais systématiquement chiffon et vaporisateur d'eau pour nettoyer mon tableau véléda (déjà j'aime pas, mais quand il est plein de traces en plus... aaaaaargh) et je nettoyais consciencieusement sous l'oeil goguenard de mes élèves que cet accès de maniaquerie amusait beaucoup. Que voulez-vous, je ne peux pas écrire mal ET sale, j'ai au moins ça pour moi...

2 commentaires - aucun rétrolien

J'aime pas..

...m'émouvoir comme une idiote devant un paquet de copies. En fait il m'arrive souvent, au détour du Nième 's' oublié à la 3e personne du singulier au présent simple, du Nième but introduit par 'for' au lieu de 'to' (ou so as to... ou in order to...) ou encore du Nième prétérit malmené, de me dire qu'il est temps de faire une pause et de me ruer au grenier pour (attention but => to/so as to/in order to) me taper la tête contre la charpente jusqu'à ce que la maison s'écroule. Puis, arrivée au premier étage je me raisonne: peut-être que ça n'est pas si grave que ça, que mes explications passeront mieux la prochaine fois. Peut-être la charpente aura-t-elle moins mal que mon crâne et que ça vaut la peine qu'on y réfléchisse à deux fois. Je redescends donc et me réinstalle à mon bureau. Je commence à rêver. Dire que j'ai failli me décourager...et ces pauvres petits qui ont travaillé dur pour me présenter le petit fruit de leurs (petits) efforts sous la forme de petites copies qu'ils ont écrites avec leurs petites mains et leurs petits stylos. J'étouffe un sanglot. Je n'ai pas le droit de baisser les bras, ils ont besoin de mes traits de crayon rouge (ou rose ou violet) et de mes appréciations (un art que je cultive avec beaucoup de soin), de mon temps aussi pour évaluer leurs petits progrès personnels. Je renifle. C'est ça, riez. Mais que c'est dur, d'être indispensable!!!

7 commentaires - aucun rétrolien

J'aime beaucoup

... écouter ce qui se passe dans ma classe. Les élèves n'ont pas toujours conscience du fait que j'entends TOUT ce qui se dit au cours de l'heure . J'ai déjà plusieurs fois sauté sur l'occasion de me moquer (gentiment) d'un ou d'une élève qui confiait discrètement (croyait-il/elle) à son voisin: "j'ai faim" ou "j'ai envie de faire pipi" en interrompant ma phrase pour dire tout haut (et avec le sourire) "oh mais vous allez bien attendre quelques minutes de plus..." ou encore "courage, plus qu'un quart d'heure." Honnêtement, la consternation qui se lit sur leur visage me ravit à chaque fois. Les chuchotements du type "j'ai rien compris moi" me permettent de reprendre mon explication différemment sans que l'élève ait besoin de lever la main pour le dire devant toute la classe. C'est vrai quoi. On leur dit toujours de demander des explications supplémentaires en cas de doute parce que sans ça, ils n'avanceront pas et qu'il n'y a pas de honte et patati et patata... mais vous aimeriez, vous, reconnaître en public, alors que tout le monde semble avoir tout compris, que vous êtes perdu(e)? Je guette donc le "j'ai rien compris" (qui n'a pas toujours besoin de paroles, certaines expressions ne trompent pas) et je sollicite l'air de rien ceux qui pourront récapituler 'pour la classe' avant d'aller plus avant dans le cours. Loin de toute drôlerie, ce qui me fait réellement plaisir ce sont les exclamations du type "ah mais c'est facile en fait" qui me disent que j'ai été claire et efficace (oui oui, ça m'arrive), et les "Déjà?" lorsque la sonnerie retentit. Moi qui pensais être devenue professeur par amour pour les fournitures scolaires (aaaah l'odeur du protège-cahier neuf...), ces jours-là je sais qu'il n'y a pas que ça...

5 commentaires - aucun rétrolien

J'aime...

J'adore, devrais-je dire, me balader dans ma classe. L'arpenter, rebondir contre les murs pendant une heure et profiter au maximum de chaque angle de vue que m'offre cette vivifiante gymnastique: "ah tiens, Machine s'est fait couper les cheveux. Apparemment son coiffeur n'était pas à ce qu'il faisait." "Oooooh Truc a l'étiquette de son sweat qui dépasse. Je lui dis ou pas?" "Oh God c'est mon écriture ça?" (c'est généralement au moment où mon regard tombe sur mon tableau que je décide de retourner là où on le voit le moins: juste devant. Allez en guise de thérapie (pour moi), je vais le prendre en photo et le mettre en ligne (pour vous)). C'est qu'on se sent bien dans une classe, quand on y règne. Sans la présence de mes élèves, qui s'en trouveraient sans doute choqués, je me laisserais aller à galoper entre les rangées de tables et de chaises, en faisant de grands moulinets avec les bras, telle Kate Winslet en improbable proue du Titanic, braillant à plein poumons et aussi faux que je peux le désormais célèbre refrain de Sline Dian (Céline Dion pardon. Mes Seconde 3 de cette année sauront se rappeler toute l'estime que j'ai pour Céline Dion.) Bien entendu, statut d'adulte référent oblige, je me vois contrainte de contenir mes pulsions... mais il reste les récréations...

3 commentaires - aucun rétrolien

J'aime pas...

... les élèves qui, en entrant en cours, me passent droit devant sans répondre à mon Xième et pourtant tonitruant 'GOOD MORNING!/GOOD AFTERNOON!'. Il faut savoir que même dans les classes de 36, chaque élève a droit à son salut personnel et le sourire qui va avec, quels que soient mon humeur et son niveau d'anglais. J'attends donc en retour que le bambin, au lieu de prendre son air le plus bovin, dans lequel on peut lire 'keskeldi??' (en langage SMS bien sûr, car je suis certaine qu'il en est pour PENSER en langage SMS), ou d'entrer directement en salle de classe comme si j'étais juste un obstacle dans le chemin, réponde à cette cordiale entrée en matière. Le refus de saluer (qui à mon avis relève plutôt de la flemmingite aigüe) me donne envie de les rattraper par le Tann's et de les remettre à la fin du rang pour qu'ils me débitent à toute allure autant de GOOD MORNING!/GOOD AFTERNOON! qu'il y a d'élèves dans la classe (et-tant-que-ça-n'est-pas-parfaitement-rythmé-et-intelligible-tu-recommences). Comme ça ils comprendront à quel point la gorge m'arde à peine entrée en classe et n'auront peut-être pas envie d'omettre deux fois de saluer...titre

7 commentaires - aucun rétrolien