Dimanche 23 Mars 2008
Teachers Plant the Seeds of Success
Par serialteacher, Dimanche 23 Mars 2008 à 20:17 GMT+2 dans La pensée du jour...
Être prof, c'est pour moi une joie sans cesse renouvelée. Chaque année, en septembre, je fais connaissance avec des classes, mais aussi avec chaque enfant ou adolescent qui la compose. Lorsque je fais l'appel pour la première fois, je scrute chaque visage en songeant que dans quelques semaines il me sera familier et que je vais marcher main dans la main avec ces élèves pendant toute une année scolaire. Il m'arrive bien sûr de retrouver d'une année sur l'autre des élèves que j'ai déjà eus... ceux-là je les vois grandir, devenir plus mûrs, progresser et c'est extraordinaire de les regarder évoluer et de se dire qu'à son modeste niveau, on y aura contribué. Le bonheur, lorsqu'on est enseignant, c'est de savourer chaque minute d'un cours productif, lors duquel le courant passe tellement bien entre la classe et soi que lorsque la sonnerie retentit, on a l'impression de revenir sur terre et on se sépare à regret en attendant la séance suivante. Être prof, c'est aussi, les jours où on se sent moins performant, savoir se remettre en question et ne pas baisser les bras, se dire que le cours suivant sera plus réussi. C'est donner son temps, son attention, son énergie, mettre sa créativité et celle des élèves à contribution, mettre sa science et sa compétence à la portée de plus jeune que soi. C'est savoir où l'on va et le faire sentir, tout en n'ayant pas peur de se laisser entraîner hors piste si les idées des élèves ne correspondent pas à ou dépassent ce que l'on attendait. C'est un métier qui peut aussi être éprouvant, lorsque l'un ou l'une d'entre eux vient confier des misères parfois bien trop lourdes à assumer pour son âge, et qu'on ne peut offrir qu'une oreille attentive et quelques paroles qu'on voudrait réconfortantes. C'est donner une éducation de base quelquefois, lorsque le contexte familial n'est pas en mesure de fournir un cadre suffisant, et ne pas démissionner face à chaque petit manquement qui ne demande qu'à devenir plus important. C'est enseigner la rigueur et l'amour du travail bien fait, transmettre la soif de connaissances, poser les fondations de l'autonomie et combattre l'approximation. C'est être prêt, bien qu'on nous exhorte en formation à marquer chaque élève par la maîtrise de son sujet et par sa personnalité, à n'être qu'un adulte de passage dans la vie de milliers de jeunes insouciants et se préparer à devenir petit à petit, un vieux con. Et puis, un beau jour on reçoit un mail de Françoise (1ES, Pontus de Tyard 2004-2005) qui dit qu'elle est en seconde année de LLCE anglais et que ça se passe très bien, on rencontre par hasard sa camarade de la même classe, Charlotte, qui dit qu'elle est en seconde année de LEA anglais-espagnol et que c'est vous qui lui avez donné de goût de l'anglais. On croise Gaëlle, qu'on avait convaincue d'aller en 1ère ES plutôt qu'en BEP esthétique, et qui remercie avec beaucoup de sincérité parce qu'elle est à présent en pleine préparation du bac ES et qu'elle a même de bonnes moyennes... Alors on se dit qu'on n'est pas prêt pour le placard et que non, vraiment, la reconversion c'est pas pour demain...
. Eh oui, mais il en faut, cher Pascal, des chefs de chantier, des chefs cuisiniers, des chefs d’orchestre… et ça ne signifie pas être passif en déléguant simplement le travail à plus docile que soi, loin de là. Être autoritaire, surtout lorsqu’on est une femme, est considéré par bien des gens comme un défaut, et c’est là que je m’insurge. Être autoritaire c’est un métier, parfois ingrat mais qui peut s’apprendre comme être en nous dès le départ, ce qui est mon cas. On le devient parfois par nécessité, et cela requiert une sacrée dose de solidité morale (l’autorité n’est pas toujours bien vécue par ceux sur qui elle pèse) et de psychologie aussi, puisque donner des directives n’est pas automatiquement source de conflits ou de rapports de force. J’ai notamment appris en lisant ‘Women are from Venus, Men are from Mars’ de John Gray, comment, tout en demandant sur le fond la même chose à une personne, on pouvait de par la forme être sûr soit d’essuyer un refus, soit d’obtenir satisfaction. 
. De la même façon qu’ils confondent manipulation et stratégie, ces gens auxquels je pense, ils ne vous souhaiteraient pas diplomate, ils veulent juste que vous rameniez pas votre fraise. Mais si ça se trouve, c’est moi qui dois confondre mauvaise foi et divergence d’opinions
.
(prise avec mon accord en juin dernier par mes 3e d'alors.) L'article qui l'accompagne est tout à fait flatteur et j'en remercie beaucoup son auteure. Cependant, et il me paraît clair que la précision doit être apportée, vu le nombre croissant de blogs d'adolescents, il faut savoir que nul n'a le droit d'insérer sur son blog une photo d'autrui sans son accord préalable
. J'ai ouï dire (j'ai mes sources et elles sont de premier ordre, croyez-moi) qu'un de mes anciens collègues avait sa photo sur un autre blog (dont je ne connais ni l'adresse ni l'administrateur), et que les visiteurs pouvaient, grâce à une altération diabolique, s'amuser à distribuer au collègue en question moults ramponneaux, tourniquets de baffes, combos en tous genres...
Si cela arrivait aux oreilles de mon cher ex-collègue, l'auteur de ce blog se retrouverait devant les tribunaux en moins de temps qu'il n'en faut pour dire 'star academy'. La loi punit sévèrement les atteintes au droit à l'image de chacun, et comme chacun (ne) le sait (pas), nul n'est censé ignorer la loi. J'ai vu, au cours de mes accès de tourisme bloguesque, d'autres professeurs publiés sans leur accord, et logiciels de calottes ou non, les fautifs sont passibles de lourdes amendes. Mon malheureux ex-collègue ne sera pas averti (par moi en tout cas) de l'existence de ce blog, car sans être farouche pratiquante de l'omertà (i.e. la loi du silence), je préfère prévenir l'auteur, si toutefois il passe par ici, que ce qu'il fait est illégal et donc lui laisser une chance de renoncer à son attraction, si amusante soit-elle, que de lui causer des ennuis qui pourraient dépasser tout ce qu'il imagine
. En ce qui concerne ma photo à moi, je m'adresse directement à l'auteure du blog: Je te permets de laisser cette photo et le billet qui l'accompagne sur ton blog, car en me laissant un lien pour y aller, tu savais que je risquais de tomber dessus tôt ou tard d'une part, et d'autre part, c'était un article sympa qui m'a fait plaisir. A l'avenir, inquiète-toi malgré tout toujours de savoir si les personnes qui figurent sur les photos que tu as l'intention de mettre en ligne n'y voient pas d'inconvénient et leurs parents non plus lorsqu'il s'agit de mineurs. Si j'entasse chez moi des piles d'autorisations parentales pour utiliser les photos de mes élèves sur serialteacher, ça n'est pas par amour de la collection...





