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Casa de España

Quelle merveille que ce petit bar à tapas du 12e arrondissement de Paris! Découvert samedi soir après une balade sur les Champs-Elysées (où nous avons croisé Pedro Almodovar ou quelqu'un qui lui ressemblait vraiment beaucoup... J'avais déjà réalisé avec choc il y a bien des années déjà que j'étais debout à côté d'Eric Idle au cynodrome de Dublin, et un peu plus tôt cette année, que j'étais dans la même barque que Julien Lepers dans Pirates des Caraïbes à Disneyland Paris. Je ne parle pas de Rémi Bricka à Europa Park en août dernier ni de Luc Alphand au Disney Village en octobre 2004, sinon je vais finir par m'égarer...) Casa de España donc, est un minuscule restaurant (23 couverts je crois), décoré du sol au plafond de scènes de Flamenco. Et quand je dis jusqu'au plafond, ça n'est pas seulement une image. La serveuse qui s'est occupée de nous était espagnole (d'où un plaisir non dissimulé à étaler ma science) et, bien que le chef soit français, j'ai mangé des tapas dignes du Museo del Embotit à Barcelone ou des bars à tapas d'Andalousie (et j'en ai fréquenté quelques-uns...). Patatas bravas, queso manchego (servi avec une pâte de coings exceptionnelle), croquetas de bacalao, lomo, tostadas, (avec mention spéciale pour la crema catalana) tout était excellent, copieux et bon marché. Pas ou peu d'attente, de la musique flamenco (avec spectacle sur grand écran) en fond juste assez forte pour qu'on en profite tout en pouvant avoir une conversation normale, que demander de plus? Les tables étaient assez serrées, mais les gens qui se sont installés aux tables voisines étaient très sympathiques et n'ont presque pas ri lorsque j'ai bruyamment laissé choir mon couteau sur le sol... Je retournerai dès que j'en aurai l'occasion à Casa de España où chaque client est avant tout un hôte, et où l'on vous dit "merci, ça nous fait vraiment plaisir" lorsque vous exprimez votre satisfaction émue (et ne devant rien à la délicieuse sangria) pour un repas particulièrement réussi.

Pour info, Casa de España se trouve au 72 de l'avenue Ledru Rollin à quelques dizaines de mètres de la sortie du métro (à Paris, évidemment, je l'ai écrit au début de l'article. Il faudrait voir à suivre, un peu...)

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Scorpions... You... kick... ass!!!

Eh bien voilà, ça y est. J'ai vécu vendredi soir mon premier concert de Scorpions, et je n'en suis pas sortie tout à fait la même. Non que mes oreilles aient tellement pâti du son incroyable auquel nous avons eu droit deux heures et demie durant, mais j'ai redécouvert des titres que j'aimais moyennement en CD et qui sont absolument méconnaissables en live. Pompier, Still Loving you? Il paraît que j'ai écrit ça dans un précédent article. Je le retire. Honte sur moi. Nous avons eu droit à trois ou quatre titres de leur nouvel album (si vous ne l'avez pas encore, foncez l'acheter, Scorpions a enfin trouvé des guitares d'homme!) à des titres classiques comme Tease Me, Please Me (mon hymne...) et bien sûr Rock You Like a Hurricane, que j'aurais été désespérée de ne pas entendre. Le solo de batterie, avec un style assez... personnel... Et le cadeau de la soirée: la version intégrale de Holiday, très très rare en concert. Pour faire bonne mesure, je continuerai à dire que Klaus Meine devrait tousser de temps en temps pour éclaircir sa voix sans quoi on pourrait le confondre avec Bonnie Tyler, mais c'est vraiment juste pour laisser un soupçon de mauvaise foi dans mes commentaires. Scorpions n'a pas besoin de mon assentiment pour savoir - et pour prouver sans même avoir l'air de faire le moindre effort - qu'ils sont un grand groupe et savent rester simples, donner toute leur énergie et leur talent au public et s'amuser avec eux, bref, faire en sorte que tout le monde passe un moment inoubliable et ressorte de la salle avec de petites étoiles dans les yeux. Nous sommes dimanche, et personnellement, j'ai encore des étincelles au bout des cheveux. Quel dommage que les fans de la première heure n'aient pas l'arthrose aussi légère et vieillissent si mal, eux, car nous avons eu tout le loisir de les contempler avec consternation headbanger plus que vaguement en mâchant des chewing-gums d'avant la guerre. J'ai eu l'espace d'un instant la tentation diabolique de leur assener un bon coup sur le crâne histoire de voir si, comme je le soupçonnais, il en monterait une colonne de poussière. Heureusement, le groupe n'a pas eu l'air de leur en tenir rigueur et a salué son public comme s'il avait été volcanique. La fosse a sauvé l'honneur dijonnais en se montrant plus qu'enthousiaste. Je sais donc où je me placerai lors de mon prochain concert Scorpions, car oui, je vais y retourner, ça ne fait pas l'ombre d'un doute. Et je ne dis pas ça pour amortir ma jupe en cuir...

Un petit bémol cependant, qui est totalement indépendant de la volonté du groupe: je connais un artiste qui doit être bien amer aujourd'hui de l'accueil lamentable qui lui a été réservé alors qu'il assurait le première partie du concert. Il y a en effet eu plusieurs personnes avec - comble de malchance pour lui- de grosses voix pour le huer et le sommer de 'se barrer' peu élégamment. Je regrette donc pour Thomas Kieffer qu'il ait dû écourter sa prestation afin d'éviter de recevoir des bouteilles de bière et autres insultes de la part de personnes dont la stupidité n'a d'égale que l'absence de savoir-vivre. Qu'ils n'aient pas apprécié cette première partie, qu'ils aient été impatients que le groupe qu'ils attendaient arrive sur scène, c'est une chose, mais elle a duré un peu plus d'une demi heure et si les enfants savent se montrer patients pendant les bande-annonces qui précèdent leur film au cinéma, on est en droit d'attendre au minimum la même attitude de la part d'adultes, tout graisseux qu'ils soient. C'est tout.

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L'Etna

Testé jeudi soir l'Etna, restaurant italien situé dans la rue de Paris, à Vichy. A l'origine je recherchais un bar à tapas (oui j'avoue, j'ai une passion pour les tapas...) sur l'internaute et n'en ayant pas trouvé, j'ai décidé d'opter pour une pizzeria. Eh bien croyez-moi, j'en ai oublié les tapas. La salle est élégante, l'accueil très agréable, la clientèle variée (couples, familles, collègues...), et la cuisine... Les plats sont artistement décorés, et la saveur est à la hauteur de la présentation. Le chèvre chaud à la crème d'aubergines était fabuleux, au point que seule ma dignité m'a empêchée de me lécher les doigts (ou alors c'est la présence de mon collègue et ami... peut-être). L'entrée copieuse ne m'a pas permis de finir ma pizza (pâte fine et croustillante, avis aux amateurs), et je regrette un peu du coup de ne pas avoir pu goûter aux fromages italiens et/ou aux desserts maison que proposait la carte, desserts italiens ou siciliens aux noms et descriptions très prometteurs. PAr conséquent, pour le plaisir d'essayer le filet mignon de porc au gorgonzola et aux olives vertes et les cannoli siciliens (oui, j'avais bien écrit 'restaurant italien', hein, pas juste 'pizzeria' au début de mon article, faut suivre, un peu...), il va falloir y retourner, bien obligée... Merci donc, aux propriétaires de l'Etna (dont l'adresse est désormais précieusement consignée dans mon carnet à restaurants préférés) de nous avoir fait passer un très bon moment après une journée éprouvante à lutter contre les rafales de vent et la pluie à Clermont-Ferrand. A très bientôt!

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The Christmas Shoes

Par où commencer... Peut-être devrais-je dire que j'ai acheté ce livre sur amazon après avoir lu une critique très élogieuse dans une autre bulle dont je ne me rappelle hélas pas le nom. Le résumé laissait transparaître des personnages très différents, adultes ou enfants mais tous perturbés à leur manière, deux familles dont les destins se croisent plusieurs fois par hasard sans que personne n'y prête réellement attention, jusqu'au dénouement. D'un côté Robert Layton, avocat en vogue qui passe le plus clair de son temps à son travail, pensant faire son devoir de mari et de père en donnant à sa femme et à ses deux filles la possibilité financière d'avoir tout ce qu'elles désirent. Mais que sait-il au juste de leurs désirs? de leurs rêves? En réalité, Robert ne sait rien de sa famille, dont il s'éloigne tous les jours un peu plus. Désemparé, alors que sa femme vient de lui demander de faire ses bagages après Noël, il erre dans les rayons des magasins, plus par devoir que par réelle envie de faire des cadeaux, sans savoir quoi acheter. C'est alors qu'un petit garçon se tourne vers lui à la caisse pour lui demander de l'aider à payer une paire de chaussures car il n'a pas assez d'argent sur lui. Ces chaussures ne sont pas ordinaires: elles sont le dernier cadeau d'un petit garçon à sa maman mourante, qui veut la voir sourire encore une fois et faire qu'elle soit belle au moment de rencontrer Jésus. Devant la détresse de ce petit bonhomme dont le principal souci jusqu'alors était de savoir ce que pouvaient bien penser les fleurs sous la neige en hiver, Robert va alors recevoir la réalité de sa propre situation en pleine figure. Est-il encore temps de réparer ce qu'il a délibérément laissé se délabrer? de Père, saura-t-il devenir papa? Osera-t-il redevenir le mari qu'il n'aurait jamais dû cesser d'être avant de muter en simple portefeuille? Tout en me demandant avec quelle classe je pourrais bien étudier ce livre (déformation professionnelle d'une incorrigible littéraire), je n'ai cessé de pleurer durant l'heure et demie qu'il m'a fallu pour lire ce petit livre (129 pages). Tout le monde s'est moqué de moi, sauf ma fille de huit ans qui admet parfaitement qu'on puisse avoir du chagrin en lisant une histoire triste. Non mais!

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Singin' in the Rain

Aujourd'hui vendredi, ça n'était pas ravioli, mais séance de 'collège au cinéma'. J'ai la chance d'être réquisitionnée comme accompagnatrice à chacune de ces séances, et j'ai redécouvert cette fois-ci avec un immense plaisir un monument du cinéma américain: Chantons sous la pluie. J'avais bien entendu déjà vu ce petit bijou (d'où le verbe 'redécouvrir'), je l'ai même en DVD. Le voir non seulement en V.O. mais en plus sur grand écran fut cependant une expérience toute neuve. De passages hilarants en chorégraphies impressionnantes, tout était fascinant: que de talent, quel bon moment j'ai passé! Je parle de moi, bien égoïstement car au fur et à mesure que le film passait, je me disais qu'il était vraiment ambitieux d'emmener des petits 6e voir un film comme celui-ci, dans un langage dont ils commencent l'apprentissage et avec un certain nombre de références et de situations qui leur échappent. Ils ont été sages mais manifestement, ils sont peu à avoir réellement apprécié le film: ils m'ont même demandé si je m'étais endormie. Etant la seule angliciste de notre groupe, je me suis au contraire régalée et n'en ai pas perdu une miette. J'ai même repéré un ou deux passages qu'il me serait agréable d'exploiter en cours. Après tout, à chaque fois que je me suis lancée dans une séquence video extraite d'un film classique ou datant quelque peu, j'ai appréhendé la réaction des élèves, et ils m'ont à chaque fois agréablement surprise...

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Home is where the heart is

Le bidule de ce mois est dédié à mes parents, Jacques et Anne-Sophie et à mes frères et soeurs, Aline, Francis et Frédérique. La maison qui est en photo est celle où j'ai grandi et je ne peux m'empêcher d'y penser et de me souvenir en écoutant '4 murs et un toit', titre qui a envahi les ondes ces dernières semaines. Tout étant dit (fort bien d'ailleurs) dans la chanson, je ne pourrais la commenter sans tomber dans la paraphrase. Je me bornerai donc à dire que Bénabar est un jeune artiste aussi talentueux que sympathique qui a su, dans son texte, taper là où ça donne envie de pleurer tellement il est juste. Se pourrait-il qu'il nous connaisse?

 

Un terrain vague, de vagues clôtures, un couple divague sur la maison future. On s’endette pour trente ans, ce pavillon sera le nôtre, et celui de nos enfants corrige la femme enceinte. Les travaux sont finis, du moins le gros œuvre, ça sent le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Le plâtre et l’enduit et la poussière toute neuve.

Des ampoules à nu pendent des murs, du plafond, le bébé est né, il joue dans le salon. On ajoute à l’étage une chambre de plus, un petit frère est prévu pour l’automne. Dans le jardin les arbres aussi grandissent, on pourra y faire un jour une cabane.

On pourra y faire un jour une cabane.

Les enfants ont poussé, ils sont trois maintenant, on remplit sans se douter le grenier doucement. Le grand habite le garage pour être indépendant, la cabane, c’est dommage, est à l’abandon. Monsieur rêverait de creuser une cave à vins, Madame préfèrerait une deuxième salle de bain.

Ça sera une deuxième salle de bain.

Les enfants vont et viennent chargés de linge sale, ça devient un hôtel la maison familiale. On a fait un bureau dans la p’tite pièce d’en haut, et des chambres d’amis, les enfants sont partis. Ils ont quitté le nid sans le savoir vraiment, petit à petit, vêtement par vêtement.

Petit à petit, vêtement par vêtement.

Ils habitent à Paris des apparts sans espace, alors qu’ici il y’a trop de place. On va poser tu sais des stores électriques, c’est un peu laid c’est vrai, mais c’est plus pratique. La maison somnole comme un chat fatigué, dans son ventre ronronne la machine à laver.

Dans son ventre ronronne la machine à laver.

Les petits enfants espérés apparaissent, dans le frigo, on remet des glaces. La cabane du jardin trouve une deuxième jeunesse, c’est le consulat que rouvrent les gosses. Le grenier sans bataille livre ses trésors, ses panoplies de cow-boys aux petits ambassadeurs, qui colonisent pour la dernière fois la modeste terre promise, quatre murs et un toit. Cette maison est en vente comme vous le savez, je suis, je me présente, agent immobilier. Je dois vous prévenir si vous voulez l’acheter, je préfère vous le dire cette maison est hantée. Ne souriez pas Monsieur, n’ayez crainte Madame, c’est hanté c’est vrai mais de gentils fantômes. De monstres et de dragons que les gamins savent voir, de pleurs et de bagarres, et de copieux quatre-heures, “finis tes devoirs”, “il est trop lourd mon cartable”, “laisse tranquille ton frère”, “les enfants : à table !”.

Écoutez la musique, est-ce que vous l’entendez ?

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Le dossier Dahlia Noir

Qu'a bien pu faire Elizabeth Short, starlette de 23 ans, mythomane, fille sans attaches réelles et même sans grande importance, pour que le 15 janvier 1947 on retrouve son corps nu, épouvantablement mutilé et coupé en deux sur un terrain vague de Los Angeles? La police ayant définitivement abandonné la piste du tueur psychopathe et isolé, quelle (très)mauvaise rencontre a pu faire cette jeune fille, surnommée le Dahlia Noir dans les bars en raison de ses cheveux noirs, souvent ornés d'un dahlia et de ses vêtements chics et sombres? Où et par qui a-t-elle été tuée? Qui était-elle en réalité et quel sombre secret détenait-elle pour qu'on veuille se débarrasser d'elle de manière aussi 'exemplaire'? C'est à ces questions et à bien d'autres que répond Don Wolfe dans son livre, au terme de plus de 50 ans d'enquête. Si l'affaire du Dahlia Noir, des mots mêmes de l'auteur, suscite émotion, interrogations et horreur depuis tant d'années, c'est qu'il plane autour d'elle un mystère et un silence qui rappellent certains secrets impénétrables tels que l'identité du véritable meurtrier de John Kennedy ou le caractère douteux du suicide de Marilyn Monroe (qui connaissait d'ailleurs Elizabeth Short pour avoir un temps travaillé dans les mêmes boîtes). Don Wolfe a accompli avec ce dossier un travail herculéen, interviewant, cherchant, regroupant et classant avec patience et persévérance faits et photos, tous plus difficiles à soutenir les uns que les autres, pour nous offrir la sordide vérité sur une affaire qui a traumatisé l'Amérique tout entière et rapporté des millions de dollars aux journaux de l'époque, des plus prestigieux comme l'Examiner ou le Times, aux plus minables tabloïds. On y découvre, sur fond de films noirs, de stars en toc, de mafia et de poudre aux yeux hollywoodienne, le rôle des journalistes dans le déroulement de l'enquête, la corruption de la police et des hommes politiques, le pouvoir de la pègre et de certains parrains notoires. Je m’étais familiarisée avec le thème du crime organisé entre 1920 et 1950 dans le cadre de la prépa CAPES, et en diversifiant mes sources et mes champs de recherches, j’avais déjà été confrontée à quelques aspects sanglants caractéristiques de l’époque, mais avant d’ouvrir ce livre, jamais je n’avais voyagé aussi loin dans la fange du monde interlope. Pour public averti tout de même.

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Ne le dis à personne

Allée voir, samedi 4 novembre le dernier film de Guillaume Canet, que je connaissais surtout jusque là pour ses rôles dans Vidocq et dans La Plage (oui bon, il a bien entendu fait d'autres choses, mais je parle de ce que je maîtrise, et toc). Son film nous montre un couple heureux, amoureux depuis l'enfance jusqu'au jour où Manon se fait enlever quasiment sous les yeux de son mari, qui pour sa part se réveille à l'hôpital après avoir été assommé par le ou les malfaiteurs. Sa femme, elle, est retrouvée quelques jours plus tard, assassinée par un tueur en série. 8 ans plus tard, Alex reçoit un e-mail contenant un lien vers une caméra de surveillance en temps réel, qui lui montre Manon, bien en vie. C'est le début d'une course folle pour lui, car le mystérieux auteur du mail et des suivants le prévient qu'il est étroitement surveillé, et Alex doit tout faire pour maintenir son avance sur ses ennemis cachés, et résoudre l'énigme qui va désormais l'obséder jour et nuit. Manon est-elle vivante? qui est la femme qu'on a retrouvée morte? Qui l'a assommé? où Manon a-t-elle passé ces huit dernières années et pourquoi a-t-elle disparu si longtemps? Pourquoi les personnes qu'il interroge sont-elles muettes ou liquidées au fur et à mesure de l'intrigue? J'avais ouï dire que Ne Le Dis A Personne était encensé par la critique, et après l'avoir vu, j'avoue que je n'ai pas compris pourquoi. En effet, tout le monde sait que les critiques de cinéma se vautrent immanquablement à côté de la plaque (ben non, Mencken ne dit pas que des conneries), portant au nues des nanars parfois dignes de Max Pécas ou ayant des allures de mauvais trips (personne n'a oublié 'les nuits fauves' de Cyril Collard, et pourtant qu'est-ce qu'on aimerait bien...) pour descendre en flèche des pépites de façon injuste et disons-le, crétine. Il y en a bien eu quelques-uns pour dire par exemple que ce film donnait le tournis... Ben oui, il est filmé à l'américaine parfois, avec certains plans tournés caméra à l'épaule, mais consolons-nous en nous disant que si c'est la seule chose qu'ils ont trouvé à reprocher au réalisateur, il n'y a pas de quoi hésiter à aller voir le film. Le scénario est inspiré du roman Tell No One, de l'Américain Harlan Coben (rien à voir avec Kurt et d'abord ça n'est pas la même orthographe) qui, dit-on, hostile dès le départ à toute idée d'adaptation au cinéma, a donné son accord à la seconde où il a terminé de lire le projet de Guillaume Canet. Le film est prenant, rythmé, dépourvu des longueurs qui en ont dévalorisé plus d'un et arrive à créer du suspense là où il n'y en a pas vraiment. J'ai aimé: François Cluzet dans le rôle du pédiatre parisien (à l'origine, le personnage d'Alex Beck est un médecin New-Yorkais) dans la mouise jusqu'au cou et André Dussollier en gendarme retraité, père éploré de Manon Beck et pour finir... eh bien allez voir le film et vous saurez. Mais surtout, ne le dites à personne.

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Tempus Fugit

TITRE

Terminé aujourd'hui The Time Traveler's Wife, d'Audrey Niffenegger. Je ne sais qui remercier : l'auteur pour ces 518 pages de magie absolue (j'ai ri, pleuré, pris la grosse tête en reconnaissant toutes les références disséminées au fil du texte 'ouah mais c'est vrai que j'ai des lacunes à mon ignorance…') ou ma meilleure amie Sara de me l'avoir prêté avec solennité et quelque chose d'impérieux dans le ton qui me disait que j'avais intérêt à le lire dare-dare.
Clare Abshire et Henry DeTamble se rencontrent à Chicago en 1991. Elle a 20 ans et lui 28. Elle le connaît depuis qu'elle a 6 ans alors que lui ne l'a jamais vue auparavant. Croit-il. En réalité, Henry souffre d'une maladie génétique qui peut le faire disparaître de son présent à chaque instant et le faire apparaître dans son passé, l'enfance de Clare ou au fond d'une ruelle sombre, sans argent, sans vêtements, sans même savoir 'quand' il est, avec tous les dangers qu'impliquent le fait d'être un homme adulte qui se promène nu dehors en demandant la date. Le livre raconte sa lutte pour rester accroché, quoi qu'il arrive, à son présent, recoupe ses rencontres avec Clare enfant, adolescente et jeune adulte, qu'il doit épouser un jour et qui est sa meilleure alliée dans ses périples vers le passé (et plus rarement vers le futur), lui laissant vêtements et nourriture à l'endroit convenu aux dates qu'un Henry ultérieur lui a demandé de noter soigneusement. Il décrit la détresse d'Henry face à son patron, à la police, au monde qui l'entoure et à sa condition particulière, qui l'obligent à se cacher, à courir vite, à mentir et à voler. Il nous fait partager l'angoisse permanente de Clare qui ne sait pas où se trouve son mari, ni quand, et encore moins s'il est en sécurité ou non.
L'histoire de Clare et d'Henry est bien sûr une histoire d'amour, mais elle ne laisse pas de place à la rêverie romantique. C'est au contraire un brusque retour sur Terre, une mise en garde contre le temps qui passe, un examen de conscience… Suis-je assez proche de mes proches ? Suis-je bien certain(e) de ne pas gaspiller des jours entiers de ma vie par négligence, paresse, manque de volonté ? Futurs lecteurs, soyez prévenus, commencer à lire The Time Traveler's Wife signifie décrocher le téléphone et répondre par grognements à qui ose nous déranger dans une lecture aussi passionnante. Terminer de le lire met de mauvaise humeur, car ce qui est lu n'est plus à lire d'une part, et car il faut bien se rendre à l'évidence, on voit la vie sous un angle légèrement différent ensuite.
Niffenegger est professeur de théorie littéraire à Chicago, où elle enseigne également l'art et la manière d'écrire. 'Those who can, do. Those who can't, teach,' écrivit jadis la plume venimeuse d'Henri Mencken. Eh bien, comme l'écrit aujourd'hui MA plume vengeresse : 'prends-ça dans ta face !'

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