serialteacher

Le petit plaisir du jour...

C'est trouver sur les blogs de mes anciens élèves ma photo (sigh je devrais moins me laisser prendre en photo à la fin de l'année scolaire ou faire plus attention, je passe mon temps à être photographiée à l'insu de mon plein gré...) accompagnée d'un petit commentaire sympa ou simplement un article qui énumère ce que le propriétaire du blog aime, je cite:

pizza (de ma grand -mère) - gateau chocolat :) - ps2- fall out boy- veronica mars- les chats- le tennis- ma famille- l'italie- nirvana- nissan skiline- télé- mon chien- les fruits...- film d'actions et d'horreur-la wii- moi- le rugby- les frères scott- les ordis...- skirock !- pirates des carïbes- le vert- mes potes...- tel portable- les converses- nike- oasics- le rock - les pâtes- ipod- ixbox 360- les sims- la guitare- harry potter- les vacances ;) - pumas- justice- 4x4(x-trail)- Mme Vadot- l'eps...

Je suis pas sûre qu'il faille être flattée de figurer dans la même liste que les pizzas, le chien ou pirates des caraïbes, mais je vais en déduire que je suis une personne affectueuse et fidèle dont la compagnie est à la fois savoureuse et distrayante. Qui a dit "et sinon, les chevilles?"

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Bon ça, c'est fait...

  Enfin, ça y est ! Depuis le 19 août que je souffrais pour devenir un biker, un vrai un dur un tatoué, c'est fait. En tout cas le permis moto, hein, je ne suis pas tatouée. Je ne sais pas combien de gaufres j'ai pris depuis ma première leçon, j'ai arrêté de compter. Il faut dire que même si j'avais noté scrupuleusement chaque gamelle, aucune n'aurait égalé la première, une splendeur en termes de chute débile. « Alors pour commencer à avancer, tu passes ta première et en même temps que tu accélères, tu lâches doucement l'embrayage. » Certes. Mais moi j'ai lâché l'embrayage trop rapidement, et manque de bol, la moto, au lieu de caler, s'est précipitée dans le fossé le plus proche, traversant dans l'opération un mur de ronces et de branches de chêne. Je me suis relevée sans trop de bobos, et la moto nous a demandé une petite demi-heure d'efforts pour ressortir du fossé (200 kg à deux, un jour où l'herbe était mouillée et la boue présente au fond d'un fossé d'à peu près un mètre cinquante...). S'enchaînèrent des leçons de plateau avec une progression lente et parfois difficile (je vous passe les chutes dans la boue, les demi-tours en 3e, les coups de freins en plein virage, le brouillard, la pluie, l'inconnu en train de se soulager au bout de la piste embrumée et qui m'a un peu prise au dépourvu lorsque je l'ai aperçu. « Ton temps était beaucoup trop long », me dit Géraldine. « Tu m'étonnes, » lui réponds-je. « J'aurais voulu voir le tien, de temps, si tu avais vu la même chose que moi...» Premier plateau raté (au lent, la honte. Le parcours d'évitement aura été fatal), second réussi (l'inspectrice a fini par me faire taire à l'épreuve des fiches tellement je tchatchais) et circulation sans trop de mal aujourd'hui même. Je conduis donc à présent une Kawasaki 800 VN Classic. Du moins je la conduirai dès que je serai correctement assurée. Deux petits mois pour préparer, passer et décrocher le permis moto. Vivement le printemps et les cheveux dans le vent. En attendant, chui un loup, chui un loup, chui un louuuuuuuuuuuuuup!

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La fin de l'année scolaire, version pré-brevet

Bon, nous sommes le 23 juin 2006, c'est (presque) la fin de mon année de Néo tit'. Bilan des courses:
-5 classes aussi différentes les unes des autres qu'il est possible de l'être et qui m'ont toutes apportées leur lot de joies et de pétages de plombs (oui, bon certaines plus que d'autres, mais est-il besoin d'en faire un plat? franchement?)
-un carnet de notes plein à craquer (je m'étais promis de donner plus de notes que l'année dernière, la résolution ne fut pas vaine (attention, minute d'auto-satisfaction), j'ai donc une chance de prendre au sérieux quelques-uns des post-its que je me suis faits cette année (et il y en a un nombre effarant, (j'ai une passion pour les post-its ) mais on ne peut pas être sur tous les fronts, je vais donc effectuer un tri scrupuleux)
-un demi-poste en collège et un demi-poste en lycée qui deviendront en septembre deux demi-postes en collège (vive les allers-retours mais en comparant avec l'année dernière où je travaillais tous les jours à 53 km de chez moi...appelez moi Serial 'peur-de-rien' Teacher .)
-un blog qui a tout juste un mois et qui deviendra tentaculaire si je m'embête un peu pendant les vacances (la vie sans l'école, c'est pas toujours drôle, Louise dans son infinie sagesse doit avoir raison. A teacher is an adult among children, but a child among adults. Il n'y a cependant pas qu'au professeur que l'établissement manque pendant les vacances. Mes petits lycéens, qui ont été évacués le 2 juin pour cause de bac, où les ai-je vus par la suite? En troupeau, devant le lycée, eh oui.)
-une dernière journée mémorable en 3e, avec au programme mangeage de gâteau, lecture de mes poèmes et Carioca par Florent et Léonard en 3e2. A ce sujet, j'aimerais dire que le reste de la classe et moi-même avons été impressionnés par la qualité de l'interprétation. Partie chantée juste, play-back de la trompette artistement arrangé, et pas de danse tellement légers qu'on aurait cru deux papillons... presque... que n'avais-je mon appareil photo sur moi? Pour la carioca et pour la dégaine des élèves, car Pierre-Antoine, affublé d'une mini-jupe, d'une perruque à couettes, de semelles compensées et maquillé un peu à la mode bachillerata de Peñarroya (cf quoi? quoi? quoi? dans The Best Of) a fait sensation dans la cour de l'école. Séance dédicaces de photos de classe, photos et gribouillage de tableau en 3e6 (non mais rassurez-vous, j'ai pris soin de l'effacer, et correctement en plus...), la cloche a sonné, et là all hell broke loose , TOUS les élèves dans TOUT le collège sont sortis en hurlant...
Rendez-vous dans quelques jours pour 'la fin de l'année scolaire, version post-brevet'

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Le jour où je les ai tous attrapés...

Une semaine avant les vacances de Noël 2004. Une inspiration subite de mener les petits en bateau un peu, pas méchamment mais... Je laisse mes petits Seconde arriver dans ma salle. Ils sortent d'allemand où ils ont eu cours de 8 à 9h et c'est mon tour à présent. Au lieu de les accueillir à la porte comme toujours, je reste près de mon bureau les yeux baissés, je ne bouge pas. Ils entrent en silence, s'interrogeant visiblement sur le mien, et s'installent. On entend une mouche voler. Je lève la tête et je vois 16 paires d'yeux fixés sur moi, attendant que je leur explique cette attitude très inhabituelle. Autre nouveauté, je prends la parole en français: "Bien. C'est la dernière semaine avant les vacances de Noël... et c'est aussi notre dernière semaine ensemble. J'ai été mutée ailleurs pour la rentrée de janvier." Consternation dans la salle. Les "quoi?"; "hein?" et autres "c'est quoi ce délire?" fusent. Devant leurs mines aussi mécontentes qu’anxieuses je ne résiste pas plus longtemps : ‘non j’rigole’ et j’éclate de rire, manquant me prendre 16 trousses dans la figure. Mathieu, pour m’apprendre, s’écrie cependant ‘oh noooon, fausse joie…’ Une heure plus tard, en arrivant chez les 1ere ES, je me dis ‘allez, c’était trop marrant, je recommence.’ Et je redébite gentiment mon petit mensonge . Mêmes têtes, mêmes exclamations de surprise, même déconfiture, bref même réaction. Etant un peu échauffée grâce à mon coup d’essai en Seconde, je me retiens de rire un peu plus longtemps et j’en rajoute. ‘C’est pas moi, c’est l’IUFM qui décide. Ne faites pas la tête, on ne va pas gâcher le peu de temps qu’il nous reste à passer ensemble…’ Lorsque, peu après, je craque et leur ressors mon ‘non j’rigoooooole’ , j’aperçois un garçon au fond, Alexandre G. si j’ai bonne mémoire, laisser tomber sa tête dans ses mains pendant que ses camarades me huent et j’entends un ‘oh p… qu’elle est c…’ C’est Benjamin G., élève que j’affectionne particulièrement parce qu’il est un tout petit peu provocateur mais a beaucoup d’humour, qui parle pour toute la classe : ‘Au moins la réaction doit vous faire plaisir, vous voyez qu’on vous aime bien.’ Avant d’ajouter avec un sourire en coin ‘Et moi qui croyais qu’on aurait enfin un prof d’anglais compétent.’ Voilà. Voilà ce qu’on récolte à essayer de semer la zizanie… Il n’empêche que c’est vrai, leurs réactions m’ont fait plaisir, même si je n’avais pas calculé ma farce dans cet esprit-là, comme ils m’en ont accusée par la suite…

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Le 8 avril 2005, en classe de 2nde LVII

Comment ne pas se rappeler la date (t'as vu, hein, papa? ), puisque c'était jour d'inspection... J'étais fébrile et pour ne rien arranger, le formateur qui venait me voir était arrivé une heure à l'avance, alors que je pensais faire une répétition costumée tranquille avec ma tutrice dans la salle où devait se dérouler mon cours. J'ai donc tourné en rond jusqu'à l'heure suivante, pendant que ma tutrice discutait avec le formateur, qui lui-même feuilletait mon classeur et mon cahier de textes. A la sonnerie, je me suis postée à la porte pour accueillir mes élèves et les faire presser un peu (il s'agissait d'un cours post-récréation, d'une durée de 50 minutes donc et non 55, et j'avais prévu beaucoup (trop) de choses à faire). Arrive Laure L., élève mûre et sympa, qui à voir ma tête, a eu le réflexe de me prendre le coude et de me dire 'Allez madame, faut pas vous faire de souci, nous on sait tous que ça se passera très bien et en plus toute la classe est derrière vous alors...' J'ai pris une grande inspiration et je suis rentrée en classe au pas de course, gonflée à bloc. Ces petits, qu'est-ce qu'ils peuvent nous insuffler comme énergie juste avec un mot comme ça... Je me suis en effet rendu compte à quel point ils voulaient que je réussisse cette inspection, car pour une classe habituellement peu encline à parler, ils m'ont présenté une forêt de mains levées tout au long du cours. Ce jour-là, nous travaillions sur un extrait du film Romeo + Juliet de Baz Luhrman (le génial réalisateur de Moulin Rouge!) et j'avais dédié une partie de la worksheet aux impressions des élèves. A la questions 'feelings?', ils avaient l'air embarrassé et ne savaient pas tellement quoi répondre. J'ai donc décidé d'interroger Xavier H., qui peu de temps auparavant avait exhalé un long soupir en apprenant que nous allions étudier ce film. "Xavier, I know that you don't really enjoy watching this film. Could you tell us why?" Et sans se départir de son calme, Xavier m'a simplement répondu "Well, love films are not really my cup of tea. I much prefer science-fiction movies" Même l'inspecteur en est resté baba... Comme c'était le jour des vacances, j'ai bien profité des deux semaines suivantes, en attendant le rapport, à la lecture duquel ma tutrice a fait des petits bonds de joie sur sa chaise

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